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Capital social : combien mettre et comment le libérer

Il n’existe aucun capital social minimum en SASU, SAS, EURL et SARL : le montant est librement fixé par les associés et inscrit dans les statuts. Ce qui n’est pas libre, en revanche, c’est la part que vous devez verser dès la constitution — au moins 20 % en EURL et au moins 50 % en SASU pour les apports en numéraire, le solde dans les 5 ans. Et en EURL comme en SARL, le montant que vous choisissez commande un seuil fiscal et social que presque personne ne vous signale au moment de rédiger vos statuts : celui des 10 % sur vos futurs dividendes.

Aucun montant plancher n’est imposé en SASU, SAS, EURL ou SARL. Les apports en numéraire doivent être libérés à hauteur d’au moins 20 % en EURL et d’au moins 50 % en SASU à la constitution, le solde dans les cinq ans suivant l’immatriculation.

Cette page explique comment se raisonne le montant du capital, ce qu’il faut verser tout de suite, et le lien — rarement expliqué — entre le capital d’une EURL ou d’une SARL et le traitement social des dividendes de son gérant. Elle ne prescrit aucun montant à votre situation et ne remplace pas un conseil professionnel : elle vous donne les règles, leurs conditions, et ce que nous n’avons pas pu vérifier.

Capital social, en une réponse directe

Le capital social est la valeur des apports faits par les associés à la société lors de sa création, inscrite dans les statuts. Ces apports peuvent être en numéraire (de l’argent) ou en nature (un bien : matériel, véhicule, fonds de commerce). En contrepartie, les associés reçoivent des parts sociales ou des actions.

La confusion la plus fréquente chez ceux qui rédigent leurs statuts consiste à assimiler le capital social à la trésorerie de départ. Ce ne sont pas la même chose. Le capital est une donnée juridique et comptable, figée dans les statuts jusqu’à modification ; l’argent apporté, lui, redevient disponible pour l’activité une fois la société immatriculée. Un capital faible ne signifie pas que la société est démunie, et un capital élevé ne garantit pas qu’il reste de l’argent en caisse six mois plus tard.

Pas de minimum légal, mais un montant qui n’est pas anodin

En EURL comme en SASU, le montant du capital est librement fixé : il n’y a pas de plancher légal pour ces formes, ni pour la SARL et la SAS (Bpifrance Création, comparaison EURL/SASU, mise à jour de juin 2026, relevée le 27/08/2026). Vous pouvez donc constituer votre société avec un capital très faible.

Ce que cette liberté ne dit pas, c’est ce que le montant entraîne ensuite : la crédibilité du dossier auprès d’un financeur, la répartition du pouvoir entre associés, et — en EURL ou en SARL — le calcul d’un seuil qui décide si vos dividendes seront ou non soumis à cotisations sociales. Ces trois conséquences font l’objet des sections suivantes.

Documents administratifs et stylo posés sur un bureau en bois clair
Le capital social se fixe dans les statuts : librement, mais pas sans conséquence.

« 1 € de capital suffit » : ce qui est vrai, et ce que ça change vraiment

La formule circule partout, et elle n’est pas fausse juridiquement : puisqu’aucun montant plancher n’est imposé pour ces formes de sociétés, une société peut effectivement se constituer avec un capital symbolique. Prise seule, cependant, cette phrase est trompeuse en pratique, parce qu’elle présente comme neutre une décision qui ne l’est pas. Deux conséquences au moins doivent l’accompagner, et une troisième — le seuil des dividendes — fait l’objet d’une section entière plus bas.

Ce que regarde une banque

Le capital est une information publique, lisible sur les documents d’immatriculation de la société. Un interlocuteur financier le voit donc, et il l’interprète : c’est la somme que les associés ont eux-mêmes engagée dans le projet avant de demander à un tiers de s’engager à son tour.

Nous nous arrêtons ici volontairement. Nous ne disposons d’aucun relevé daté nous permettant d’affirmer qu’un capital donné ouvre ou ferme l’accès à un financement, ni de citer un seuil bancaire chiffré : ce serait précisément le genre de chiffre décoratif que cette page refuse d’écrire. Ce que nous pouvons dire tient en une phrase : le montant est visible, il est lu, et il vaut signal — le traiter comme une case à remplir au hasard revient à laisser ce signal se régler tout seul.

Ce que le capital détermine dans la répartition du pouvoir

Quand la société compte plusieurs associés, le capital n’est pas seulement un montant : c’est une clé de répartition. Les apports de chacun déterminent le nombre de parts ou d’actions détenues, donc le poids de chacun dans les décisions collectives et dans le partage des résultats.

C’est pour cette raison que la question « combien mettre ? » se double toujours, à plusieurs, de la question « qui met quoi ». Un capital global faible rend chaque euro apporté proportionnellement décisif : à ce niveau, un écart de quelques centaines d’euros entre deux associés peut basculer une majorité. En société unipersonnelle — SASU, EURL — la question ne se pose pas, l’associé unique détient tout.

Combien libérer à la constitution, selon votre forme juridique

« Libérer » le capital signifie verser effectivement les sommes promises. La loi n’oblige pas à tout verser au moment de la création pour les apports en numéraire : elle impose une fraction minimale immédiate, et laisse un délai pour le reste.

Ce tableau porte volontairement une colonne « statut de la source ». Deux lignes sont sourcées et publiées sans numéro d’article ; la troisième est signalée comme non confirmée. Nous préférons afficher cette différence plutôt que de la lisser.

Une précision de méthode, parce qu’elle explique une absence que vous remarquerez peut-être ailleurs : vous ne trouverez aucun numéro d’article du code de commerce sur cette page. Une règle de droit citée avec un numéro non vérifié est plus dangereuse qu’une règle citée sans numéro : nous publions donc la règle et sa source administrative, sans la référence.

Le solde : jusqu’à cinq ans pour le verser

La part non libérée à la constitution reste due. Le délai de cinq ans court à compter de l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés, et il s’agit d’un délai maximal, pas d’une facilité indéfinie : le solde doit être appelé et versé à l’intérieur de cette période. Rien, sur cette page, n’invite à le repousser au-delà — un capital souscrit et non libéré dans les délais est une dette de l’associé envers sa propre société, pas une économie.

À l’inverse, un capital souscrit largement et libéré au minimum n’a rien d’irrégulier tant que l’échéance est respectée : c’est le mécanisme prévu par le texte. La conséquence pratique mérite d’être vue en face : un capital annoncé n’est pas nécessairement un capital versé, et cela vaut pour votre société comme pour celles de vos partenaires.

Le lien peu connu entre capital social et dividendes (EURL / SARL)

C’est le point pour lequel cette page existe, et celui que les guides sur le capital minimum omettent presque systématiquement : en EURL et en SARL, le montant du capital que vous inscrivez dans vos statuts détermine le volume de dividendes que vous pourrez percevoir sans cotisations sociales.

Pour les travailleurs non salariés — gérant majoritaire de SARL, associé unique d’EURL, associés de SNC — exerçant dans une société relevant de l’impôt sur les sociétés, la fraction de dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant est assujettie aux cotisations sociales. La SASU n’est pas concernée : les dividendes du président de SASU ne supportent pas de cotisations sociales. (Bpifrance Création, comparaison EURL/SASU, mise à jour de juin 2026, relevée le 27/08/2026.)

Lisez attentivement l’assiette : le seuil ne porte pas sur le seul capital social. Il se calcule sur la somme du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé. Les trois éléments comptent, et le compte courant en fait partie.

Les conditions d’application, elles aussi, doivent être tenues ensemble — une seule qui manque, et la règle ne s’applique pas de la même façon :

  • elle vise les travailleurs non salariés : gérant majoritaire de SARL, associé unique d’EURL, associés de SNC ;
  • la société doit relever de l’impôt sur les sociétés ;
  • seule est concernée la fraction qui dépasse les 10 % — pas la totalité des dividendes ;
  • la SASU n’entre pas dans ce dispositif.

Ce que ce mécanisme change au moment de rédiger les statuts est simple à formuler : en EURL ou en SARL, un capital plus élevé relève mécaniquement le plafond en deçà duquel les dividendes du gérant TNS échappent aux cotisations sociales. Le raisonnement s’arrête là, et il s’arrête volontairement : nous ne vous dirons pas quel montant retenir, parce que cela dépend de vos apports disponibles, de la politique de distribution envisagée et de votre arbitrage global entre rémunération et dividendes — un arbitrage qui relève d’un professionnel du chiffre ou du droit, pas d’une page web.

Une mise en garde nécessaire, parce qu’elle est le pendant du point précédent : on ne peut pas en conclure que les dividendes sont « toujours moins chargés » que le salaire. Une rémunération et une distribution de dividendes n’ouvrent pas les mêmes droits — la protection sociale et les droits qui se constituent en contrepartie des cotisations font partie intégrante de la comparaison. Un raisonnement fondé sur le seul net perçu à l’instant t est un raisonnement incomplet.

Calculatrice et carnet de notes ouverts sur une table de travail
Capital, primes d’émission et compte courant : les trois éléments de l’assiette des 10 %.

Où et comment déposer le capital social

Les apports en numéraire ne se conservent pas librement pendant la constitution : ils sont versés auprès d’un dépositaire, qui les conserve jusqu’à l’immatriculation de la société et délivre l’attestation nécessaire au dossier. Les fonds sont ensuite débloqués au profit de la société une fois celle-ci immatriculée.

Nous ne détaillons pas ici la procédure de blocage, les dépositaires possibles ni leurs tarifs : ce comparatif est traité à part, dans notre page consacrée au compte pro en ligne, où banques et fintechs sont mises en regard. Le reconstruire ici produirait deux pages qui se contredisent à la première évolution de tarif. C’est là qu’il faut aller au moment d’ouvrir le compte ; ici, on décide du montant.

« Dépôt de capital » : ce que recouvre l’expression

L’expression désigne l’opération de versement des apports en numéraire auprès du dépositaire, en amont de l’immatriculation — à ne pas confondre avec la libération, qui est l’obligation juridique de verser effectivement une part des apports souscrits. Le dépôt est le geste matériel ; la libération est la règle qui dit quelle fraction doit avoir été versée, et quand. Les pourcentages du tableau ci-dessus portent sur la seconde.

Augmenter ou réduire le capital après la création

Le capital n’est pas figé pour toujours : il peut être modifié après la création de la société. Nous n’en dirons pas davantage ici — ni procédure, ni coût, ni chiffre. Ce sujet n’est pas documenté dans les sources que nous avons vérifiées pour cette page, et il fera l’objet d’un traitement séparé lorsque nous aurons pu l’établir à la source. Dans l’intervalle, la réponse se trouve auprès de bpifrance-creation.fr et d’entreprendre.service-public.gouv.fr.

Même réserve, pour la même raison, sur la SA et la SCI : leur régime de capital n’entre pas dans le périmètre vérifié de cette page, et nous n’avancerons aucun chiffre les concernant.

Et si vous n’êtes pas en société ?

Un mot pour ceux qui arrivent ici en étant entrepreneur individuel ou micro-entrepreneur : la question du capital social ne se pose pas de la même manière, ces formes n’ayant pas de capital social à proprement parler. Nous le formulons prudemment, car ce point n’est pas développé en détail dans nos sources vérifiées : si votre décision en dépend, confirmez-le auprès d’entreprendre.service-public.gouv.fr avant d’en tirer une conséquence.

Comment cette page a été établie

Les pourcentages de libération, le délai de cinq ans, l’absence de montant plancher et le seuil des 10 % sur les dividendes proviennent d’une source unique : Bpifrance Création, comparaison EURL/SASU, dont la mise à jour affichée est datée de juin 2026, relevée le 27/08/2026. Aucun blog de prestataire juridique n’a servi d’autorité : ces sites ont seulement servi, en interne, à recouper — jamais à établir un fait.

Ce que la source ne dit pas ne figure pas ici. C’est pourquoi vous ne trouverez sur cette page ni numéro d’article, ni seuil bancaire chiffré, ni montant de capital recommandé pour votre projet.

Fraîcheur de cette page

Pourcentages, délais et seuil de dividendes relevés le 27/08/2026 auprès de Bpifrance Création (comparaison EURL/SASU), dont la mise à jour affichée est datée de juin 2026. Les règles fiscales et sociales évoluent : avant d’arrêter le montant de votre capital, vérifiez l’état en vigueur sur bpifrance-creation.fr ou entreprendre.service-public.gouv.fr. Si vous constatez un écart avec ce que nous publions, écrivez-nous à contact@1month1project.com — la correction est faite et datée.

Limite de compétence

Ce site est un éditeur d’information indépendant. Il n’est ni cabinet d’avocats, ni cabinet d’expertise comptable, ni prestataire de formalités, et il ne vous accompagne pas dans votre dossier. Cette page décrit des règles générales et leurs conditions d’application ; elle ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou social adapté à votre situation et ne remplace pas l’avis d’un professionnel. Le choix d’un montant de capital engage votre société sur la durée : faites-le valider par un professionnel du chiffre ou du droit avant de signer vos statuts.

Comparer EURL et SASU sans désigner de gagnant

Cette page met EURL et SASU en regard sur deux terrains précis : la part à libérer à la constitution et le traitement social des dividendes. Elle ne désigne aucun statut comme meilleur, et il n’y en a pas dans l’absolu. Les deux formes diffèrent sur bien d’autres plans — statut social du dirigeant, protection sociale associée, gouvernance, entrée d’associés — dont cette page ne traite pas. Un avantage sur un seul critère ne fait pas un bon statut : c’est l’ensemble qui se compare, avec un professionnel, au regard de votre projet.

Ce que nous n’avons pas pu établir

Nous préférons le dire plutôt que d’avancer un chiffre que nous n’avons pas vérifié. Six points restent ouverts sur cette page :

  • Les numéros d’articles du code de commerce fixant les taux de libération. Ils n’ont pas pu être lus à leur source officielle au moment d’écrire cette page. Nous publions donc la règle, sourcée par Bpifrance Création, mais sans référence d’article.
  • La libération intégrale des apports en nature à la constitution. Ce point vient d’une source secondaire, non confirmée en source primaire : il figure au tableau avec cette mention explicite.
  • La procédure et le coût exact du blocage des fonds (banque, notaire, plateforme en ligne). Ils ne sont pas relevés ici : ce comparatif est traité dans notre page consacrée au compte pro en ligne.
  • Le régime du capital en SA et en SCI, hors du périmètre vérifié de cette page. Aucun chiffre les concernant n’y figure.
  • L’augmentation et la réduction de capital après création : ni procédure, ni coût, ni délai vérifiés dans cette passe.
  • L’absence de capital social en entreprise individuelle et en micro-entreprise : structurellement exact à notre connaissance, mais non développé par nos sources vérifiées, donc formulé sous réserve.

La réponse à ces questions se trouve auprès de bpifrance-creation.fr et d’entreprendre.service-public.gouv.fr.

Quel est le capital social minimum pour une SASU ou une EURL ?

Il n’y en a pas. En SASU comme en EURL — et de même en SAS et en SARL — le montant du capital est librement fixé par les associés et inscrit dans les statuts : aucun montant plancher n’est imposé pour ces formes (Bpifrance Création, mise à jour de juin 2026, relevée le 27/08/2026).

Combien faut-il verser à la création de la société ?

Pour les apports en numéraire : au moins 20 % en EURL et au moins 50 % en SASU, le solde devant être versé dans les cinq ans à compter de l’immatriculation au RCS (même source, même date de relevé).

Un capital de 1 € est-il vraiment possible ?

Juridiquement oui, puisqu’aucun montant plancher n’est imposé. En pratique, le montant est public, il est lu par vos interlocuteurs financiers, il fixe la répartition du pouvoir entre associés, et — en EURL ou en SARL — il entre dans le calcul du seuil de 10 % au-delà duquel les dividendes du gérant TNS sont soumis à cotisations sociales. La formule est donc exacte, mais incomplète prise seule.

En quoi le capital influence-t-il mes dividendes ?

Pour un travailleur non salarié — gérant majoritaire de SARL, associé unique d’EURL, associé de SNC — dans une société à l’impôt sur les sociétés, la fraction de dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes en compte courant est assujettie aux cotisations sociales. Seule la fraction au-delà du seuil est concernée. La SASU n’entre pas dans ce dispositif.

Le président de SASU paie-t-il des cotisations sur ses dividendes ?

Non : les dividendes du président de SASU ne supportent pas de cotisations sociales (Bpifrance Création, mise à jour de juin 2026, relevée le 27/08/2026). Cela ne suffit pas à faire de la SASU le meilleur statut : le statut social du dirigeant et la protection sociale associée se comparent dans leur ensemble, avec un professionnel.

Puis-je changer le montant du capital après la création ?

Le capital peut être modifié après la création de la société. Nous ne détaillons ni la procédure, ni le coût, ni les délais : ces points ne sont pas documentés dans les sources vérifiées pour cette page. La réponse se trouve auprès de bpifrance-creation.fr et d’entreprendre.service-public.gouv.fr.

Pour aller plus loin

  • Compte pro en ligne — où déposer le capital, quel dépositaire choisir et à quel tarif : le comparatif est traité là, pas ici.
  • Créer une SASU et Créer une SARL — la démarche de constitution, une fois le montant du capital arrêté.
  • Choisir son statut juridique — pour le lecteur qui hésite encore entre EURL et SASU, notamment sur le terrain des dividendes.
  • Créer son entreprise — le point de départ, si le statut n’est pas encore choisi.