Aller au contenu
Planifier ma création
Semaines 1-2

Auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur : les chiffres 2026

Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur : un seul statut depuis 2016. Plafonds 203 100 et 83 600 €, seuils de TVA, cotisations et Acre 2026, sourcés et datés.

Manon Brasseur Mis à jour le · 12 min de lecture
Auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur : les chiffres 2026 Semaines 1-2

Points à retenir

  1. Les plafonds du régime micro ont été revalorisés pour la période triennale 2026-2027-2028.
  2. Le taux : l’exonération du micro-entrepreneur est de 25 % des cotisations, contre 50 % auparavant.
  3. Le taux de cotisation du libéral non réglementé (BNC) en 2026 : 25,6 % ou 26,1 %.

Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent le même statut. Les deux régimes étaient distincts avant 2016 ; la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014, dite loi Pinel, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, les a fusionnés en un seul, officiellement nommé « micro-entrepreneur ». Pour 2026, les plafonds de chiffre d’affaires sont de 203 100 € en vente de marchandises et de 83 600 € en prestations de services et en libéral, et l’Acre n’est plus accordée automatiquement : elle se demande à l’Urssaf dans les 60 jours.

La réponse courte. « Auto-entrepreneur » est le nom d’usage, « micro-entrepreneur » le nom officiel depuis le 1er janvier 2016 : aucune distinction fiscale, sociale ou encore légale n’existe entre ces deux appellations. Choisir l’un ou l’autre mot ne change ni les plafonds, ni les cotisations, ni les démarches.

Source : entreprendre.service-public.gouv.fr — actualité A19021, publiée le 31/07/2026.

Auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur : le même statut

C’est la première question posée sur le sujet, et une bonne part des pages qui l’abordent tranche sans citer le texte. Le voici : avant 2016, deux régimes coexistaient. La loi n° 2014-626 du 18 juin 2014, dite loi Pinel, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, les a fusionnés. Depuis cette date, un seul statut existe, officiellement appelé « micro-entrepreneur ». « Auto-entrepreneur » a survécu comme nom d’usage, y compris dans les intitulés de l’administration.

Conséquence pratique : aucune distinction fiscale, sociale ou légale n’existe entre les deux appellations. Un site, un formulaire ou un interlocuteur qui emploie l’un ou l’autre mot parle du même régime, avec les mêmes plafonds et les mêmes obligations. Si vous cherchez le détail de la mécanique fiscale et sociale de ce régime, cas par cas, il est développé sur le régime micro-fiscal en détail ; la présente page en donne l’entrée générale.

Ce qu’il permet

Le régime s’ouvre à une activité commerciale, artisanale ou libérale, exercée à titre principal comme à titre complémentaire. C’est un régime simplifié d’entreprise individuelle : l’immatriculation passe par un guichet unique, et le calcul des cotisations se fait par application d’un taux au chiffre d’affaires encaissé, activité par activité.

Ce qu’il exclut

Deux exclusions comptent plus que les autres. D’abord, les activités réglementées exclues du régime : toutes les professions ne peuvent pas s’exercer sous ce statut. Ensuite, et c’est le point le plus souvent passé sous silence par les pages qui vendent la simplicité du statut : le régime micro-fiscal applique un abattement forfaitaire représentatif de frais, et aucune charge réelle n’est déductible en plus. Achats de marchandises, matériel, loyer, sous-traitance : rien de tout cela ne vient en déduction. Un professionnel dont les frais réels sont élevés est structurellement perdant sous ce régime, quel que soit son chiffre d’affaires.

Les plafonds de chiffre d’affaires 2026-2028

Les plafonds du régime micro ont été revalorisés pour la période triennale 2026-2027-2028. Ce sont les montants de chiffre d’affaires au-delà desquels le régime cesse de s’appliquer — à ne pas confondre avec les seuils de TVA, qui sont bien plus bas et que la section suivante détaille.

Tableau A — Plafonds du régime micro, période 2026-2028

Vente de marchandises / hébergement

Plafond 2026-2028
203 100 €
Plafond antérieur (à ne plus citer)
188 700 €

Prestations de services / libéral

Plafond 2026-2028
83 600 €
Plafond antérieur (à ne plus citer)
77 700 €

Activité mixte

Plafond 2026-2028
203 100 € dont 83 600 € de services
Plafond antérieur (à ne plus citer)
188 700 €

Source : entreprendre.service-public.gouv.fr — A18813, publié le 26/02/2026, revalorisation triennale valable 2026, 2027 et 2028. Relevé le 27/08/2026.

La franchise en base de TVA n’est pas le plafond du régime micro

C’est l’erreur la plus coûteuse de la matière, et elle se répète partout. Le plafond du tableau A décide si vous restez au régime micro. Les seuils ci-dessous décident si vous devez facturer la TVA. Ils sont beaucoup plus bas : on peut être parfaitement dans les clous du régime micro et redevable de la TVA depuis plusieurs mois.

Tableau B — Seuils de la franchise en base de TVA 2026

Commerce et hébergement

Seuil de base
85 000 €
Seuil majoré
93 500 €

Prestations de services

Seuil de base
37 500 €
Seuil majoré
41 250 €

Libéral (hors avocats)

Seuil de base
37 500 €
Seuil majoré
41 250 €

Source : entreprendre.service-public.gouv.fr — F21746, mise à jour du 01/01/2026 ; doctrine BOFiP BOI-TVA-DECLA-40-10-10 (identifiant 20260701). Relevé le 27/08/2026.

Les deux seuils ne produisent pas le même effet, et la nuance est protectrice :

En 3 points
  • Dépassement du seuil de base : la TVA s’applique à compter du 1er janvier de l’année suivante. Vous avez donc le reste de l’année pour vous organiser.
  • Dépassement du seuil majoré : l’effet est immédiat, dès le jour du dépassement. Il n’y a pas de délai de tolérance.
  • Tant que la franchise s’applique, la facture porte obligatoirement la mention « TVA non applicable — article 293 B du CGI ».

Une précision qui évite une décision fondée sur une information périmée : la réforme du seuil unique à 25 000 € a été abandonnée. Elle circule encore comme une échéance à venir ; elle n’en est pas une.

Les taux de cotisations sociales 2026

Les cotisations se calculent en appliquant un taux au chiffre d’affaires encaissé. Les taux ci-dessous incluent la contribution à la formation professionnelle et l’ensemble des cotisations. La seconde colonne correspond au cas où le versement libératoire de l’impôt sur le revenu a été opté.

Tableau C — Cotisations sociales du micro-entrepreneur en 2026

Vente de marchandises

Taux
12,3 %
Taux avec versement libératoire
13,3 %

Prestation de services (BIC)

Taux
21,2 %
Taux avec versement libératoire
22,9 %

Location de meublés de tourisme

Taux
6 %
Taux avec versement libératoire
—

Libéral non réglementé (BNC)

Taux
25,6 %
Taux avec versement libératoire
27,8 %

Libéral réglementé Cipav (BNC)

Taux
23,2 %
Taux avec versement libératoire
25,4 %

Source : entreprendre.service-public.gouv.fr — F36232, mise à jour du 01/01/2026. Relevé le 27/08/2026. Réserve sur le libéral non réglementé (BNC) : Bpifrance Création annonce 26,1 % là où service-public annonce 25,6 %. La divergence n’est pas tranchée au 27/08/2026 ; la valeur retenue ici est celle de service-public, avec sa date. Avant tout calcul engageant, la valeur à jour se vérifie sur autoentrepreneur.urssaf.fr.

Le guichet unique INPI, gratuit

La déclaration de début d’activité s’effectue sur le guichet unique des formalités des entreprises de l’INPI. Son usage est gratuit. C’est le point d’entrée unique de la formalité — le détail du parcours est traité sur le guichet unique des formalités.

Coût réel : gratuit pour une micro-entreprise

L’immatriculation d’une micro-entreprise est gratuite, par dispense prévue à l’article L613-7 du code de la sécurité sociale, selon les tarifs INPI en vigueur au 1er mars 2026. Toute page qui facture la formalité elle-même facture en réalité un service d’accompagnement, pas un droit administratif.

Le document qu’on vous demandera : extrait K, pas Kbis

Un micro-entrepreneur est une personne physique : il reçoit un extrait K. Le Kbis est réservé aux sociétés. Un client ou une banque qui réclame « votre Kbis » attend en pratique ce document-là.

Le dirigeant l’obtient gratuitement sur MonIdenum.fr, ou récupère le justificatif RNE équivalent sur l’Annuaire des entreprises. Il n’est payant que pour un tiers qui le demande (3,06 € en version électronique). Source : fiche F21000, mise à jour du 03/04/2026, relevée le 27/08/2026. Le sujet est développé sur extrait K ou Kbis, gratuitement.

L’Acre : une exonération à demander, plus automatique

C’est le point le plus piégeux du statut en 2026, et celui où l’information circule le moins bien. Trois éléments vont ensemble, et un seul d’entre eux pris isolément induit en erreur.

En 3 points
  • Le taux : l’exonération du micro-entrepreneur est de 25 % des cotisations, contre 50 % auparavant.
  • La date d’effet : 1er juillet 2026 pour les micro-entreprises (1er janvier 2026 pour les EI, SASU et SA). Texte : décret n° 2026-69 du 6 février 2026.
  • La demande : l’Acre n’est plus automatique. Vous pouvez la demander à l’Urssaf dans les 60 jours suivant l’ouverture de l’activité, si vous remplissez les conditions. La réponse intervient sous 30 jours, et le silence vaut accord.

La durée de l’exonération pour un micro-entrepreneur court jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d’activité. Sources : fiche F11677, mise à jour du 01/07/2026, et actualité A18795, publiée le 11/02/2026. Relevées le 27/08/2026. Le détail figure sur demander l’Acre.

Le piège qui coûte le plus cher : Acre et Arce sont liées. L’Arce — le versement en capital de 60 % des droits à l’ARE, pour un demandeur d’emploi qui crée son activité — suppose de bénéficier de l’Acre. Un créateur qui laisse passer le délai de 60 jours pour demander l’Acre ne perd pas seulement l’exonération de cotisations : il perd aussi l’accès à l’Arce. Les deux démarches se pensent ensemble, dès l’ouverture de l’activité.

Le mécanisme du versement en capital est détaillé sur le capital Arce.

Les limites du régime : quand un autre statut se pose la question

Aucune recommandation nominative ici : le choix d’un statut dépend de chiffres personnels que cette page n’a pas. En revanche, trois limites factuelles marquent les frontières du régime, et elles suffisent souvent à savoir si la question mérite d’être posée.

En 3 points
  • Les charges réelles. L’abattement forfaitaire remplace toute déduction. Au-delà d’un certain niveau de frais, le régime micro fait payer des cotisations et de l’impôt sur un revenu que vous n’avez pas encaissé net.
  • Les plafonds de chiffre d’affaires du tableau A : 203 100 € en vente, 83 600 € en services et en libéral, pour 2026-2028.
  • Les activités réglementées exclues du régime, qui ferment la porte quel que soit le chiffre d’affaires.

Pour mettre les régimes en regard sur des critères annoncés, le comparatif se trouve sur comparer les statuts, et le passage en société est traité sur créer une entreprise. Une étape fréquente juste après l’immatriculation est traitée à part : ouvrir un compte pro.

Ce que nous n’avons pas pu établir

Ces points sont volontairement laissés ouverts. La rédaction de ce site préfère le dire plutôt qu’avancer un chiffre non vérifié.

En 6 points
  • Le taux de cotisation du libéral non réglementé (BNC) en 2026 : 25,6 % ou 26,1 %. Deux sources officielles divergent (service-public et Bpifrance Création) ; la divergence n’est pas tranchée au 27/08/2026. La valeur retenue ici est 25,6 %. La réponse se trouve auprès de l’Urssaf, sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
  • Le caractère irréversible ou non du choix entre ARE et Arce, et le délai formel de demande de l’Arce. La fiche officielle consultée ne le précise pas. La réponse se trouve auprès de France Travail et de l’Urssaf.
  • Le seuil de chiffre d’affaires et la durée à partir desquels un compte bancaire dédié devient obligatoire pour un micro-entrepreneur : non établi à ce jour. La réponse se trouve auprès de l’Urssaf.
  • Le calendrier de la facturation électronique applicable aux micro-entrepreneurs : non établi à ce jour. Aucune date n’est avancée ici faute de l’avoir vérifiée.
  • Le cumul du statut avec un emploi salarié ou un CDI : la question revient constamment, mais aucune source vérifiée n’a été relevée pour cette page. Elle n’est donc pas traitée ici. La réponse se trouve auprès de l’Urssaf et, pour une éventuelle clause d’exclusivité, dans votre contrat de travail.
  • Les textes exacts encadrant le monopole du conseil juridique et comptable n’ont pas pu être ouverts à leur source ; ils ne sont donc pas cités.

Questions fréquentes

Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur, quelle différence ?

Aucune. Aucune distinction fiscale, sociale ou légale n’existe entre ces deux appellations depuis la fusion des deux régimes par la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014, entrée en vigueur le 1er janvier 2016. « Micro-entrepreneur » est le nom officiel, « auto-entrepreneur » l’usage courant.

Combien coûte l’immatriculation d’une micro-entreprise ?

Elle est gratuite, par dispense prévue à l’article L613-7 du code de la sécurité sociale, selon les tarifs INPI en vigueur au 1er mars 2026. L’usage du guichet unique de l’INPI est lui aussi gratuit.

Reçoit-on un Kbis quand on est auto-entrepreneur ?

Non : un micro-entrepreneur est une personne physique et reçoit un extrait K, le Kbis étant réservé aux sociétés. Le dirigeant l’obtient gratuitement sur MonIdenum.fr, ou le justificatif RNE équivalent sur l’Annuaire des entreprises ; il n’est payant que pour un tiers (3,06 € en version électronique).

Le plafond du régime micro est-il le même que le seuil de TVA ?

Non, et les confondre est l’erreur la plus coûteuse. Le plafond du régime micro est de 203 100 € en vente et 83 600 € en services pour 2026-2028. Les seuils de franchise en base de TVA sont bien plus bas : 85 000 € en commerce et hébergement, 37 500 € en prestations de services et en libéral hors avocats.

L’Acre est-elle automatique en 2026 ?

Non. Elle se demande à l’Urssaf dans les 60 jours suivant l’ouverture de l’activité, si les conditions sont remplies ; la réponse intervient sous 30 jours et le silence vaut accord. Son taux est de 25 % pour le micro-entrepreneur, avec effet au 1er juillet 2026.

Que se passe-t-il si je dépasse un seuil de TVA ?

Le dépassement du seuil de base rend la TVA applicable au 1er janvier de l’année suivante. Le dépassement du seuil majoré la rend applicable immédiatement, dès le jour du dépassement.